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LES FEMMES
La
femme sénégalaise, malgré la religion
musulmane prédominante, a une indépendance
et une autonomie que nombre de femmes dans les pays
industrialisés leur envieraient. Présentes dans tous
les domaines économiques (financier grâce à l'imposant
système des «tontines»,
agricole avec un dur travail dans les champs, commercial
car elles détiennent le monopole du commerce de fruits
et légumes, ...), nombres d'entres elles sont arrivées
aux plus hauts postes du pays (députés, ministres, PDG...).
Séductrices, extraverties, appréciées par tous les Africains
(contrairement aux hommes sénégalais qui ont une mauvaise
réputation dans la plupart des pays africains), à ce
titre, elles entendent bien représenter toutes les femmes
africaines dans leurs luttes pour l'amélioration de
la vie du continent. Combat contre l'excision, contre
la polygamie etc...on ne voit qu'elles à la télévision
nationale, la RTS. Le journal du soir, présenté un jour
sur deux par une femme, montre à quel point elles se
sont imposées ces dernières années comme citoyennes
à part entière.
Photos : à droite
une affiche publicitaire à Dakar pour les bouillons-cubes
Jumbo à l'occasion de la journée internationale
de la femme du 8 mars 2007. Ci-dessous à gauche,
tournoi de lutte féminine
à Oussouye en casamance.
Dans
la société bassari, un parlement de femme se réunit
plusieurs fois par mois dans un lieu très secret où
elles exposent tous leurs griefs à la femme du chef
qui interviendra auprès de son mari. Dans le royaume
diola des Floups, la reine a également un pouvoir
très important au niveau de la ville d'Oussouye.
Rappelons-nous que le chef de file de la résistance
anti-coloniale en Casamance
était la Jeanne d'Arc diola : Alinesitow Diatta. Cependant,
cette situation privilégiée de la majorité des femmes
ne doit pas cacher la situation difficile que connaissent
les autres. On estime à 25%, le nombre de femmes ou
de jeunes filles excisées au Sénégal. Si en ville la
pratique a presque disparu du fait de l'information
prodiguée à la télévision ou dans les associations et
des lois très sévères, dans les campagnes elle reste
courante notamment chez les Peulhs et les Toucouleurs
du Sénégal oriental
et du Fouta. Il n'est pas rare de voir, malgré les consignes
de sévérité données aux gendarmes, des excisions collectives
réalisées dans des villages. Chez les Peulhs, c'est,
comme la circoncision, une occasion de fête. Les jeunes
filles excisées (10-12 ans) se promèneront en boubou
blanc avec un sceptre durant plusieurs jours.
Les artistes féminines du pays dénoncent
ces pratiques depuis plusieurs années avec des résultats
encourageants. Les responsables musulmans s'y mettent
également en rappelant que l'excision n'est pas un précepte
islamique. On s'aperçoit en somme très vite que ces
femmes veulent bien plus que les hommes devenir modernes.
La polygamie est rejetée
en masse, et la mode si africaine avec les fameux boubous
multicolores est une des priorités tant des jeunes filles
que des femmes mariées. Cette liberté vestimentaire
n'est d'ailleurs possible que grâce à l'autonomie financière
que leur donne leur petite activité commerciale ou salariée.
Il est également a noter ce ces dernières
années, les femmes sénégalaises
se sont lancées dans un type commerce international
qui est devenu leur spécialité : elle
se rendent au moyen-orient ou en Asie (Qatar, Dubaï,
EAU, Malaysie, etc...) pour acheter des marchandises
qu'elles revendront au Sénégal avec une
belle marge.
Vidéo-reportage sur une coopérative de
femme en zone rurale
&
Séduire : cinq leçons sénégalaises de Sokhna
Fall. A son arrivée au Sénégal, une jeune étudiante
tombe sous le charme de Samba, beau Sénégalais. Mais
le jeune homme doit s'absenter trois semaines; lui sera-t-il
fidèle ? Elle, l'étrangère, ne sera-t-elle pas supplantée
par une des femmes de ce pays, dont on dit qu'elles
sont les plus séduisantes d'Afrique ? L'étudiante
est alors prise en main par Coumba, volubile et très
distinguée Dirianké, à la gentillesse toute maternelle,
qui décide de lui apprendre les bases de la séduction
à la sénégalaise; comment porter les vêtements occidentaux,
la taille-basse, le boubou, le pagne et le petit-pagne,
selon son âge, sa position sociale, mais, aussi, comment
se tenir, marcher, parler... et se faire désirer. Mais
surtout, cet apprentissage est l'occasion de découvrir
les «dessous» d'une société très codifiée
: la sensualité, la provocation et l'élégance sont pour
la Sénégalaise le moyen de se distinguer de ses co-épouses,
d'acquérir un certain pouvoir au sein d'une société
gouvernée par les hommes et de contourner les contraintes
imposées par l'Islam.
& La femme Sérère.
de Issa Liaye Thiaw
& Participation des femmes
à la vie politique - exemples du Sénégal
et du Niger de H. Djibo
& L'entrepreneuriat féminin
au Sénégal. de Fatou Sarr 
& Notre corps, notre
santé La Sante Et La Sexualite Des Femmes
En Afrique Subsaharienne : par Fatou Sow
et Codou Bop. Connaître son corps pour se l'approprier,
en prendre soin et mieux veiller sur sa santé,
telles sont les ambitions de cet ouvrage sur la santé
et la sexualité des femmes en Afrique au sud
du Sahara. Entrepris par des membres du réseau
de recherche en santé de la Reproduction en Afrique
Francophone, l'ouvrage est le résultat d'efforts
d'une équipe pluridisciplinaire de divers spécialistes
en sciences sociales. Cette équipe a tenu à
fournir aux Africaines une information documentée
sur le corps et leur santé adaptée à
leur contexte social et culturel.
& Femmes africaines en
milieu rural. Les sénégalaises du Siné-Saloum de
Marie Denise Piss. Aborde les différents aspects de
la vie de la femme dans la brousse sénégalaise, sans
pour autant se montrer indiscret ou partisan. Les anecdotes
et les récits de femmes peuplent chaque page.
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LES ENFANTS
Malgré
la pauvreté du pays, l'enfant sénégalais a, dans l'ensemble,
une place enviable dans la société. Il est vrai que,
dans les zones rurales, la scolarisation est minimale
et même souvent nulle plaçant le Sénégal
dans le lot des pays les moins alphabétisés
d'Afrique. Les enfants commencent à la campagne à aider
très tôt leurs parents sans que celà soit une corvée.
Ici, les jeunes ne sont pas exploités comme celà se
voit souvent en Amérique du Sud. Le seul phénomène de
ce type se voit hélas chez les marabouts,
pseudo chef-religieux envoyant des myriades de gosses
en bas âge mendier
dans la rue.
Photos : à gauche, jeunes
circoncis près de Sédhiou,
à droite, deux enfants de la pauvre banlieue
dakaroise jouant au baby-foot.
Au sein des familles, le cadet doit
rester à la disposition du reste de la famille.
Lorsqu'il est à la maison, on enverra ainsi le
plus jeune aller chercher du sucre ou du pain à
la boutique du coin sans que ce dernier n'ait le droit
de se plaindre. Il reste des pays où on sait
élever ses gosses.
Comme ailleurs en Afrique, la classe d'âge à la campagne
et dans les petites villes a beaucoup d'importance.
Les enfants qui naissent et grandissent ensemble sont
des frères jusqu'à la fin de leur vie. Ainsi ne soyez
pas étonné qu'un Sénégalais vous parle de ses cinquante
frères : en plus de ses frères de sang et de ses cousins
il y aura tous ses amis d'enfance issus de la même classe
d'âge. Joueurs et libres, sportifs fous de foot, les
rues du pays grouillent de vie, de cris, de rires et
de pleurs. Généreux et partageurs, ils sont choyés par
toute la famille même si très tôt
ils sont autonomes. Dans un pays où les châtiments corporels
sont très rares, ils restent en milieux rural très respectueux
des adultes et des étrangers. On ne peut que regretter
le nombre important de mariages précoce pour
les fillettes (il n'est hélas pas rare de voir
une gamine de 13 ans être offerte en mariage)
et les mutilations sexuelles (excisions) toujours présentes.
Vidéo-reportage sur une école de la banlieue
dakaroise
&
L'envers du jour : les enfants errants de Dakar
de Jean-Michel Bruyère. Depuis janvier 1997, Man-Keneen-Ki,
groupe d'artistes vivant et travaillant à Dakar, prend
en charge des enfants errants auxquels il fournit logement,
nourriture, éducation, soins constants et, aussi, les
moyens de l'expression artistique. Au bout de deux ans
de contacts quotidiens, la confiance, à laquelle rien
ne préparait ces enfants, s'est installée. C'est dans
ce cadre que certains ont découvert la photographie
et qu'ils ont élaboré dans leur langue, le wolof, d'une
intense précision - des poèmes, des contes, des récits,
où l'imaginaire et la réalité se mêlent étroitement
sans qu'on puisse jamais les distinguer. Cette production
artistique étonne. Partout, les regards doivent remiser
leur condescendance et, devant des oeuvres fortes et
élégantes, profondément intelligentes, s'essayer au
respect et à l'admiration d'enfants d'abord laissés,
comme des centaines de milliers d'autres dans le monde,
à mourir dans les rues. De leurs travaux, ce livre propose
une sélection de photographies, textes et peintures.
Les poèmes et les textes (entre autres, d'Amadou Bâ,
Ibrahima Konaté, Khalifa) - qui constituent de loin
la plus grande partie de cet ouvrage - sont extraits
d'une immense matière littéraire (poèmes, chroniques,
journaux, contes et nouvelles) produite par les enfants
depuis juin 1996. 
& Pauvreté ambiguë
: enfants et jeunes au Sénégal - Collectif - ENDA/UNICEF
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LA POLYGAMIE
Les sociologues estiment qu'aujourd'hui
seuls 12% des ménages sont polygames et que cette pratique
tend à disparaître un peu plus chaque année. Mais il
faut bien-sûr relativiser. L'Afrique noire n'a
jamais été une société à majorité de mariages polygames.
Ce mode d'union n'a toujours bénéficié qu'aux plus riches.
Traditionnellement ce n'est même qu'aux chefs de villages
que revient ce privilège. La plupart des femmes refuseraient
d'ailleurs de se marier avec un homme déjà «muni»
d'une épouse. Dans tous les cas, les maris ayant plus
de quatre épouses sont inexistants puisque ce chiffre
est la limite qu'imposent l'islam
et la loi. Il n'y a guère que dans les zones rurales
et les familles maraboutiques que ce problème se pose
du fait du système de «pré-mariages» pratiqués
par les parents qui décident à l'avance du mari qu'aura
leur fille. La polygamie est autorisée par la loi sénégalaise
mais des restrictions existent. Un couple se mariant
sous le régime de la monogamie ne peut pas voir
le mari épouser une deuxième femme sans
l'accord contractuel de la première. Aucun président
de la république n'a été polygame
au Sénégal. Il en est de même pour
les premiers ministres à l'exception notable
d'Ousmane tanor Dieng (candidat malheureux aux présidentielles
2007), longtemps premier ministre d'Abdou Diouf, et
qui possède quatre épouses (c'est sans
doute pour cela qu'il a toujours l'air fatigué)
soit près de 864 paires de chaussures dans sa
maison familiale.
Voir
la page sur la polygamie et la monogamie dans la loi
Sénégalaise
&
La femme de mon mari de S. Fainzang O. Journet.
Présente le fonctionnement de l'institution polygamique,
le système idéologique qui la fonde et la vie quotidienne
des femmes dans le contexte de ce mariage par une approche
de l'intérieur. Les auteurs proposent en outre une étude
comparative des réalités observées en Afrique et dans
le cadre de l'immigration en France.
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LA FAMILLE
Comme
sur le reste du continent, la famille reste le noyau
de la société sénégalaise. C'est grâce à cette famille
que la population «tient le coup» malgré
la crise chronique que connaît le pays. Mais c'est aussi
parfois à cause de ce lien pesant que le pays éprouve
certaines difficultés. C'est en conciliant cette solidarité
à une conception plus autonome de l'individu que des
progrès réels pourront être réalisés. Le problème, car
c'en est un en partie, saute tout de suite aux yeux
de l'étranger. Les Sénégalais en ont conscience et tentent
petit à petit de le résoudre : le travail, denrée rare
et presqu'introuvable en milieu urbain, est systématiquement
donné aux parents plus ou moins proches de la personne
chargée de recruter. Le problème engendré par ce comportement
est multiple : d'une part, le parent employé n'aura
pas forcément les qualités requises pour cet emploi.
S'ensuit donc une multitude d'erreurs commises par ces
personnes non qualifiées. D'autre part, les études pourtant
très prisées par les Sénégalais, ne serait-ce que par
enrichissement culturel, ne peuvent qu'être dévalorisées
par ce genre de recrutement familial : «pourquoi
étudier puisque mes relations familiales ne me permettront
pas d'avoir un emploi correspondant à ma qualification?»
Et inversement : «pourquoi étudier puisque de
toute façon mon oncle bien placé dans l'entreprise X
me fournira un emploi ?». Un certain découragement
s'empare donc des jeunes qui deviennent souvent fatalistes
ne voyant comme unique solution que l'émigration.
Photos : à gauche
des enfants de la campagne, ci-dessous à droite
une famille nombreuse koldoise
Les
petites annonces d'emplois proposées par les organisations
internationales ne sont même plus lues par les diplômés
puisqu'ils savent que c'est un Sénégalais qui s'occupe
du recrutement et que l'annonce n'est qu'une formalité
imposée par les entreprises étrangères ! Le résultat
de cette préférence familiale, phénomène
humainement compréhensible mais économiquement déplorable,
fait que les familles riches ont tendance à s'enrichir
grâce à la multiplicité des emplois et que les plus
pauvres stagnent dans leur misère. On se souviendra
de cette annonce nécrologique sur une radio nationale
concernant un cadre d'Air Afrique : «Mme Fatou
X, sa tante, gestionnaire à Air Afrique, Mr Hassan X,
son frère, contrôleur aérien à Air Afrique, Mr Mamadou
X, son frère, agent d'entretien à Air Afrique, etc...ont
la douleur de vous annoncer etc....». On comprend
désormais mieux la faillite de cette compagnie aérienne
bananière où le recrutement familial était la règle
et où la moitié des passagers voyageaient à l'oeil bénéficiant
des billets gratuits réservés au personnel et à leur
famille.
Néanmoins, en milieu rural, ce phénomène
s'atténue du fait de la quasi-absence de travail salarié.
Tout le monde est agriculteur et personne ne chôme vraiment.
Cette solidarité familiale loin de s'exercer uniquement
dans les situations favorables se manifeste également
en cas de problème. Jamais un Sénégalais ne sera démuni
face à une perte d'emploi ou au décès d'un proche. Il
y aura toujours un lit, toujours une assiette pour un
frère, un neveu, un grand-père ou une arrière-petit-cousin
dans l'embarras. C'est même un devoir d'aider cette
personne, au risque, si on ne le fait pas, de passer
dans le village pour un parent indigne. La majorité
des Sénégalais étant dans «l'embarras» on
comprend mieux pourquoi une personne qui travaille peut
en avoir vingt autres à sa charge ! Ce besoin de «bien
paraître» aide également à comprendre pourquoi
lorsqu'un membre de la famille commet un acte répréhensible
par la loi ou condamnable par les traditions, c'est
sur tous les parents que rejaillissent la honte et l'opprobre,
sur plusieurs générations. L'héritage des vieilles traditions
familiales se voie dans la vie de tous les jours. Dans
la plupart des familles par exemple les hommes mangent
de leur côté, alors que femmes et enfants mangent à
part.
& La famille
wolof d'Abdoulaye Diop (anthropologie-sociologie)
& Structures familiales
et fécondité en milieu urbain : cas du Sénégal de
Nafissatou Diop
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L'ALPHABÉTISATION
Comme
dans beaucoup de pays en voie de développement, l'illettrisme
et l'analphabétisme sont importants au Sénégal et sont
un frein à la croissance. Le Sénégal est
particulièrement touché et le taux de
scolarisation au Sénégal est inférieur
à celui que l'on peut observer dans des pays
tels que le Burkina-Faso ou le Bénin. L'enseignement
public est pourtant d'assez bonne qualité et les enseignants
sont bons. Le problème vient en fait des zones rurales
qui sont vraiment défavorisées. La création au milieu
des années 90, des «volontaires de l'éducation»,
ces jeunes bacheliers envoyés en brousse pour une indemnité
de 50.000CFA/mois seulement (76 euros) a largement contribué
à aider ces populations rurales qui ont de grandes difficultés
à envoyer leurs enfants à l'école. Les conditions d'enseignement
dans les campagnes sont néanmoins très difficiles. Faire
acheter un stylo à 100CFA (0,15 euros) à un enfant tient
du miracle. Ne parlons donc même pas des livres. Dans
les endroits les plus excentrés, il n'y a qu'un seul
niveau de classe pour tous les élèves qui étudient avec
une simple ardoise sous une paillote. Les meilleurs
élèves comme les moins bons sont donc vraiment pénalisés.
Photos : à droite,
le mur d'une institution préscolaire (école
maternelle) à Dakar, ci-dessous à gauche,
des élèves sous la paillote d'une école
de brousse.
L'enseignement
moyen et secondaire de la région de Tambacounda, la
plus grande du Sénégal, compte 31 collèges et un seul
véritable lycée ! Beaucoup n'ont pas les moyens
d'envoyer leurs enfants en pension ou dans des familles.
Ici, les chrétiens Bassaris et Tendas-Bediks
sont favorisés puisque souvent les missions catholiques
envoient à leur frais les meilleurs élèves dans les
meilleures écoles du pays.
A Dakar, il est assez rare de voir
un enfant ne pas parler français. A part dans les quartiers
les plus pauvres comme Ngor, Pikine ou Yoff-pêcheur,
la situation est plutôt bonne quant à l'enseignement
primaire. Visitez un village comme Fongolembi ou une
petite préfecture comme Kédougou et vous vous apercevrez
que la plupart des enfants ne parlent pas un traître
mot de Français ! Les chiffres sont parlants : 35% de
la population sénégalaise seulement est alphabétisée.
On peut donc considérer que l'illettrisme touchent plus
de 70% de la population. Ce sont évidemment les femmes
qui rendent ces chiffres si bas puisque 45% de hommes
sont alphabétisés (presque un sur deux) alors que chez
les femmes ce chiffre et de 20% (une sur cinq). En effet,
les jeunes filles ont souvent moins de chances de se
voir envoyées à l'école. Encore une fois, ces différences
s'estompent fortement en région urbaine. A Dakar, on
voit même la situation s'inverser petit à petit et plusieurs
établissements d'enseignement supérieur
voient déjà une majorité de filles
dans leurs effectifs. Il est enfin à noter que
si la mixité est la règle au Sénégal,
de nombreuses écoles, souvent privées,
sont des écoles de filles (lycée Kennedy,
Immaculée Conception de Dakar, etc...).
Voir
des dizaines de photos d'écoles et de classes
au Sénégal
Voir
aussi l'article sur la scolarisation dans un village
du Saloum dans le bulletin n°14
Voir
les chiffres de l'éducation au Sénégal
(2005) : nombre d'établissements, d'élèves
et d'enseignants par ville (format PDF)
& L'alphabétisation
au Sénégal de Manfred Prinz 
& Le Français et les
langues africaines du Sénégal de Pierre Dumont 
& L'université de Dakar
: institutions et fonctionnement d'André Bailleul

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LES CAUSERIES
Ce terme typiquement sénégalais désigne
les réunions publiques destinées à débattre d'un thème
donné ou d'informer la population d'un problème de société.
Ce genre de manifestation, qui est particulièrement
à la mode depuis le début des années 80, est encouragé
par les ONG qui y voient un moyen simple et efficace
de sensibiliser la population aux différents problèmes
de société. Les sujets, très variés, tournent néanmoins
le plus souvent autour des problèmes de santé
: SIDA, choléra, paludisme....
mais aussi autour de thèmes socio-économiques : épargne,
planification familiale, éducation... C'est pour l'étranger
(souvent convié à ces causeries) un excellent moyen
de connaître les problèmes rencontrés au Sénégal et
les opinions que la population s'en fait. C'est dans
les zones rurales que le phénomène est très visible
car ces réunions se déroulent le plus souvent en extérieur
au centre même du village et rassemblent l'ensemble
des habitants du secteur.

Voir aussi l'article sur l'ataya
Voir aussi l'article sur les "coins"
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LES TONTINES
Le mot tontine vient de Tonti, banquier
italien du XVII siècle. Ce système d'épargne, aujourd'hui
typiquement africain, est répandu sur l'ensemble du
continent et brasse parfois plus d'argent que les banques.
Cet argent qui échappe aux institutions du pays rend
cependant d'immenses services à la population et est
géré de façon exemplaire. La tontine est avant tout
un système de répartition des ressources à l'échelon
local. En effet, la tontine dépasse rarement le cadre
du quartier ou du village. Au Sénégal la tontine est
presque exclusivement gérée et utilisée par les femmes.
C'est sûrement la cause de la confiance qu'inspire
ce mode d'épargne auprès de la population. Le principe
de la tontine sénégalaise est simple : chaque semaine
la mère de famille donne une somme fixe (généralement
entre 500 et 1000CFA) et mensuellement une ou plusieurs
familles se voient attribuer à tour de rôle et en toute
transparence (souvent en présence d'un conseil de femmes)
une somme importante. Le crédit restant peut être attribué
à une famille particulièrement ou momentanément dans
le besoin. Cette somme attribuée à l'avance permettra
à la famille nécessiteuse d'avoir une importante somme
avant que son tour n'arrive.
Voir aussi l'article sur les tontines et les mutuelles
dans le bulletin 13
& Le système
des tontines en Afrique de C. Mayoukou
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LA PAUVRETÉ
De
nombreux visiteurs étrangers sont surpris de voir un
certain niveau de vie à Dakar.
Ces personnes, qui ne sont pas à blâmer vue l'image
qu'on ne cesse de donner de l'Afrique dans les médias,
s'attendent à leur arrivée à l'aéroport de Yoff à voir
des cases africaines en plein centre de Dakar
! Il faut bien faire la nuance entre la pauvreté d'un
pays, et la pauvreté de ses habitants. Le Sénégal est
en effet un pays pauvre bien qu'il soit plus riche que
quatre de ses cinq frontaliers. C'est donc la puissance
économique et militaire régionale. Cela permet au moins
aux Dakarois d'avoir un
niveau de vie que beaucoup d'Africains envient.
La télévision couleur est ainsi entrée dans la majeure
partie des foyers dakarois. Et la solidarité sénégalaise
fait que adultes et enfants n'ayant pas de télévision
y ont néanmoins accès grâce à un parent ou voisin. Ainsi
personne ne rate le combat de lutte
dominicale ou le match France-Espagne ! Cette solidarité
se manifeste également par le partage des décodeurs
Canal Horizons et des antennes permettant de capter
TV5 , RFI , MCM , MTV, etc... L'électricité est également
généralisée puisque 98% des foyers Dakarois ont du courant
chez eux. Là encore les «arrangements» y
sont pour quelquechose puisqu'un même compteur, et donc
un même abonnement, profite souvent à plusieurs familles.
Paradoxalement l'eau est présente dans beaucoup moins
de foyers que l'électricité. Mais c'est aussi un problème
de traditions. En effet, l'eau est souvent achetée aux
fontaines publiques qui sont un lieu de palabre excellent
pour les ménagères (c'est notamment le cas dans les
villages lébous de Ngor,
Yoff, ou Ouakam
mais également dans les quartiers les plus pauvres
de Pikine). Dans la banlieue dakaroise de Thiaroye ou
Pikine, de nombreuses concessions familiales tirent
encore leur eau d'un puit. Photo : un
petit talibé (photo de P. Clément)
Le
téléphone est également un service rarement présent
dans les foyers. Mais les télécentres, véritable phénomène
sénégalais fourmillant dans tous les quartiers, remplacent
avantageusement les abonnements coûteux de la
Sonatel. De plus, le téléphone portable s'étant généralisé,
le nombres d'habitants équipés d'un GSM est supérieur
à celui des possesseurs d'une ligne fixe.
Ainsi les Dakarois bénéficient d'un niveau de vie enviable
en Afrique de l'Ouest. Les infrastructures sont régulièrement
entretenues et l'éclairage nocturne est omniprésent.
De nombreux nouveaux quartiers ont été bâtis en toute
intelligence et leur convivialité n'est pas à critiquer.
Tel est le cas de quartiers de classe moyenne comme
les S.I.C.A.P. Liberté, Sacré-Coeur, Amitié ou Baobab,
de quartiers populaires tels que les Parcelles Assainies,
les H.L.M., Patte d'Oie, ou Bop et des quartiers réservés
aux nantis comme Point E, Fann, Hann-plage, les Almadies,
ou Mermoz.
Voir la page sur les
quartiers de Dakar
Cependant, même si les bidonvilles
du type «favelas» brésiliennes n'existent
pas, de nombreux quartiers populaires ont connu une
expansion anarchique et la construction sauvage fait
qu'il est difficile d'y vivre ou plus simplement d'agrandir
son logement. Dans ces quartiers démunis, il n'est pas
rare de voir dix personnes ou plus dormir dans la même
pièce. C'est le cas du groupe Pikine-Guédiawaye-Thiaroye,
sans contexte le plus difficile à vivre du pays. Si
la misère existe au Sénégal, ce n'est pas dans les zones
rurales mais bel et bien dans cet ensemble de quartiers
à la démographie
galopante dont la population a dépassé celle de Dakar
il y plus de dix ans. Surpopulation, pauvreté,
insalubrité (certains quartiers sont inondés
6 mois sur 12), manque de transports, chômage,
épidémies, etc... rendent Pikine explosif
: la délinquance y a explosé ces dernières
années et l'espoir des jeunes de sortir un jour
de cette situation est bien faible. Braquages à
mains armée ou viols en réunion, phénomène
absent il y a 10 ans peuplent désormais régulièrement
les pages "faits divers" des journaux sénégalais.
L'espère des habitants de ces
quartiers réside dans la «parcellisation»
des terres à l'Est de Dakar.
Ceci permettra de dégorger les quartiers pikinois bordant
ce secteur Est en créant des nouveaux espaces viabilisés
à Malika, Yeumbeul ou Keur Massar. Suite aux inondations
de 2005, plusieurs plans de relogement ont justement
été mis en place dans ces nouvelles terres
qui seront accessibles plus facilement grâce à
la nouvelle autoroute à péage qui d'ici
2010 arrivera jusqu'au carrefour de Diamnadio (croisement
Thiès-Mbour).
Quoi qu'il en soit, qu'ils habitent
dans de nouveaux quartiers ou dans les pires, le mot
d'ordre des jeunes Sénégalais est «débrouillardise»
et beaucoup sont des "xossluman" (démerdeur).
Moins d'un Dakarois sur cinquante est employé à plein
temps et touche un salaire. Tous font donc de petits
boulots occasionnels leur permettant d'aider la famille,
de se vêtir et de sortir. En outre, dans les parties
traditionnelles de la banlieue lébou (Ouakam,
Ngor, Yoff, yarakh) bon nombre d'habitant peuvent avoir
une activité tournant autour de la pêche
quand ils n'ont rien d'autre à faire. Ngor, Yoff,
Yarakh et Bargny sont donc les villages de pêcheurs
par excellence. Même les jeunes étudiants
peuvent la pratiquer occasionnellement et surtout en
période vacances scolaires. L'apprentissage est aussi
pour cette immense classe d'âge un moyen de gagner quelques
C.F.A. Mais soulignons que cet apprentissage ressemble
plus à une exploitation tyrannique. Il s'exerce dans
de nombreux domaines mais principalement dans la couture,
les transports et la mécanique. L'apprenti n'a aucun
statut et sa rémunération est laissée à l'entière appréciation
du maître d'apprentissage. Elle dépasse rarement 10000CFA
(15€) par mois. La durée de ces formations est
en général de 3 ou 4 ans, mais elle peut être plus longue
et aller jusqu'à 8 ans.
Voir
des dizaines de photos sur le thème des talibés
au Sénégal
Voir la page sur le mode de vie des Sénégalais : équipement,
dépenses étudiés statistiquement
Voir l'article de Corinne DERIOT sur la pauvreté à Dakar
Voir
aussi la page sur la mendicité au Sénégal
& L'envers
du jour : les enfants errants de Dakar de Jean-Michel
Bruyère. 
& Des casseurs de cailloux
à Dakar : une classe ou une caste ? de Michaël
Singleton 
& Pauvreté ambiguë
: enfants et jeunes au Sénégal - Collectif ENDA/UNICEF
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LA DÉLINQUANCE
Le
Sénégal est un des pays d'Afrique qui a le plus faible
taux de délinquance violente. Même à Dakar, elle est
assez faible pour passer inaperçue aux yeux de l'étranger
de passage. Elle est néanmoins en constante hausse et
les vols, arnaques ou cambriolages augmentent de manière
exponentielle. Le Sénégal est en passe
de battre le champion du monde zaïrois dans la
discipline. Les aggressions sont cependant encore rares.
Même les quartiers réputés «dangereux» tels
que Pikine, Thiaroye, Grand Yoff ou Grand Dakar n'abritent
que de rares «bandits agresseurs». On entend
cependant de plus en plus de faits divers alarmants
tels que des vols à main armée ou des
meurtres crapuleux.
A
vrai dire, le pire des quartiers sénégalais ne vaut
pas, question insécurité, le plus tranquille des quartiers
de Seine-Saint-Denis. Mais la plupart des Dakarois sont
originaires de villages ruraux où rien ne se passe.
La vie urbaine leur fait donc assez peur pour essayer
de vous communiquer cette phobie de l'agression. La
superstition en empêche aussi certains de sortir seuls
au crépuscule. Donc, sans tenter le diable, quiconque
peut se balader à n'importe quelle heure dans tout quartier
de la capitale. C'est d'autant plus vrai si vous êtes
en groupe. Bien-sûr, il existe quand-même une
grande délinquance symbolisée ces dernières
années par des gangsters célèbres
tels que Ino et sa bande. Beaucoup des plus violents
sont des réfugiés anglophones sans foi ni loi. Les prisons
sénégalaises sont ainsi pleines de Gambiens, de Sierra-Léonnais,
de Libériens, de Ghanéens et de Nigérians.
Si les aggresseurs sont finalement
assez rares, excepté à Dakar, les pickpockets
et les petits arnaqueurs pullulent par contre à Dakar,
à Mbour
et dans une moindre mesure dans les autres grandes villes
sénégalaises. Il est impossible de les éviter et la
seule parade est d'être plus malin qu'eux (ce qui n'est
pas difficile) en les prenant à leur propre jeu. Le
marché de la sécurité est juteux
au Sénégal. Dans certains quartiers résidentiels,
toutes les maisons ont un gardien de jour et de nuit
pour surveiller la maison car le nombre de vols à
domicile est hallucinant ! Tout est bon à voler,
même l'antenne sur le toit. De grandes sociétés
de sécurité comme la Sagam ont ainsi fait
fortune sur le dos de l'insécurité des
foyers. Les moins fortunés qui ne peuvent pas
se payer de gardien sont donc obligés de gérer
eux-mêmes la défense de leur maigre bien.
Car comme toujours, ce sont les plus pauvres qui pâtissent
le plus de la délinquance. Dans certains quartiers
de Pikine, des milices de surveillance populaire ont
donc été créées par les
habitants qui se relaient à tour de rôle
la nuit pour surveiller les rues ou se cotisent pour
payer un gardien. Car au Sénégal, grâce
à Dieu, il n'y a pas même un socialiste
pour défendre d'indéfendable délinquant
qui passe sa vie à faire chier les gens. Il n'y
a bien d'ailleurs qu'en France qu'une salope avec un
balai dans le cul pourrait se présenter aux présidentielles
avec comme credo la défense perpétuelle
de la vermine. Au Sénégal, quand un voleur
ou un agresseur tombe entre les mains de la population,
il n'a qu'à prier pour que la police arrive rapidement.
Sinon, c'est la mort.
Les délinquants masculins qui
peuplent les prisons sénégalaises sont
répartis en plusieurs groupes. Les crimes reliés
aux stupéfiants sont nombreux. Le trafic de drogue
explose au Sénégal. Si la plupart des
condamnations ne concerne que la vente de Yamba (cannabis),
le nombre de traficants d'héroïne et de
cocaïne a connu une croissance exponentielle sous
le règne du président Abdoulaye Wade.
Le nombre de Sénégalais incarcérés
pour viols, aggressions, pédophilie ou homosexualité
tend également à s'accroître. Les
détenus pour vol, escroquerie, abus de confiance
ou détournement de fonds constituent quant à
eux un bon tiers de la population carcérale.
Quant aux femmes, la majorité incarcérée
l'est pour voies de faits (la Sénégalaise
est bagarreuse et lorsque deux mamans se filent une
trempe dans la rue, tout le quartier accourt pour assister
au spectacle). Les aggressions entre co-épouses
sont très nombreuses et le nombre de femmes embastillées
pour avoir balancé une marmite d'eau bouillante
à la tête de la dernière femme de
leur mari augmente un peu plus chaque année.
Un grand nombre de Sénégalaises, pour
la plupart très jeunes, sont également
détenues pour infanticide. En effet un nombre
inquiétant de jeunes filles "enceintées"
hors mariage préfèrent donner la mort
à leur nouveau-né plutôt que de
subir la honte au village...
Aucune nouvelle prison n'a été construite
au Sénégal depuis des dizaines d'années
et face à l'accroissement du nombre de détenus
la solution envisagée est l'empilement de prisonniers.
Voir aussi l'article du Soleil dans la bulletin 12 sur
les "gangs" de Pikine
& La criminalité
au Sénégal de Meïssa Niang
& Les trottoirs de Dakar
de B-M Seye. Des photos d'aujourd'hui sur les décalés,
les marginaux, les fous dans la ville, au milieu de
la ville, Dakar, Sénégal 
o
LA PROSTITUTION
C'est un véritable problème de société
au Sénégal comme dans l'ensemble de l'Afrique noire.
Plusieurs types de prostitutions sont observables au
Sénégal. D'une part les véritables
"professionnelles", d'autre part certaines
femmes en détresse sociale (mères célibataires,
veuves pauvres, etc...) et enfin les filles pratiquant
ce que l'on appelle le "mbaraan" qui n'est
ni plus ni moins qu'une prostitution occasionnelle.
La prostitution «professionnelle»
touche assez peu de femmes (leur nombre est évalué par
différents organismes à moins de 8000 sur l'ensemble
du territoire). Seule «consolation» pour
ces femmes, elles exercent en boîte de nuit ou bar sordide
mais ne font pas le trottoir. Il n'y a pas ou peu de
proxénétisme au Sénégal
mais certains bars glauques qui ont quelques chambres
de passe dégueulasses mangent allégremment
sur les honoraires des dames. Ces prostituées
"professionnelles" sont titulaires d'une carte
sanitaire et ont l'obligation d'un contrôle médical
régulier (tous les 15 jours). Victimes de violence,
nombreuses sont celles atteintes du SIDA. Le gouvernement,
aidé par les ONG, essaye d'aider ces filles depuis plusieurs
années en les obligeant à avoir une carte sanitaire
régulièrement mise à jour après examen médical et test
HIV.
Si les hommes sénégalais
sont les principaux clients de ces prostituées,
il est également à noter une augmentation
de la prostitution dans les zones touristiques telles
que Saly. Certains grands hôtels (de grandes chaînes
internationales...) font fonctionner ouvertement leur
night-club avec cette prostitution.
Un deuxième type de prostitution
réside dans la misère de certaines femmes,
particulièrement en ville. Pour un certain nombre
de femmes pauvres, célibataires ou veuves avec
ou sans enfants, la prostitution occasionnelle demeure
le seul moyen de gagner un peu d'argent.
Enfin, le "mbaraan", phénomène
montant au Sénégal voit de plus en plus
de femmes ou de jeunes filles (souvent étudiantes)
pratiquer une quasi-prostitution pour arrondir les fins
de mois ou accéder à un mode de vie supérieur. A Dakar
en particulier et dans l'ensemble du pays, une catégorie
de jeunes filles échangent leurs charmes contre de petites
sommes d'argent pour acheter des pacotilles, perruques
et vêtements coûteux «à l'européenne».
Le "mbaraan" consiste à avoir un ou
plusieurs partenaires réguliers qui offrent de
l'argent et des cadeaux. La multiplication des partenaires
favorise évidemment les MST et en particulier le SIDA.
C'est le cas notamment en zone rurale ou l'usage du
préservatif reste marginal.
Il existe une prostitution masculine
au Sénégal. Elle est concentrée
à Dakar et dans les zones touristiques. L'homosexualité
est un délit au Sénégal et est
en théorie puni par la loi. Régulièrement,
des faits divers paraissent dans la presse et relatent
des affaires de moeurs de ce type. Si la majorité
des clients des prostitués masculins sont des
étrangers (Européens pour la plupart),
certains Sénégalais font également
partie de leur clientèle. Il est à noter
pour finir une généralisation de la prostitution
masculine zones touristiques envers des vieilles Européennes
bien que cette forme de prostitution ait un objectif
plus migratoire que financier (voir
l'article venir en Europe).
Voir aussi la
page sur le "mbaraan"
Voir
aussi la page sur la mendicité au Sénégal
&
Marges, sexe et drogues à Dakar : ethnographie urbaine
de Jean-François Werner. A Pikine, banlieue populaire
de Dakar, l'explosion démographique urbaine et la profonde
crise économique ont aggravé les problèmes sociaux :
désintégration des familles, délinquance, prostitution,
drogue. C'est dans ce cadre que l'auteur, ethnologue,
explore l'espace de la marginalité urbaine, en étudiant
les consommateurs de drogues illicites. 
o
L'EXODE RURAL
C'est
une réalité bien relative au Sénégal. En effet, comparé
aux pays d'Amérique du Sud ou même d'Afrique équatoriale,
le taux d'urbanisation assez faible (34% contre plus
de 70% dans les pays développés et en Amérique latine)
montre que le Sénégalais reste attaché à la campagne
d'où il tire des revenus suffisants. Le relatif investissement
du gouvernement depuis quelques années dans les infrastructures
sanitaires et les services (eau, électricité, téléphone,
poste ....) inverserait même plutôt la tendance. Mais
ceux qui partent à la ville sont les forces vives du
pays : jeunes étudiants et lycéens doivent aller dans
les grandes villes pour étudier. Ils y restent souvent
après.
Photo : le petit village
peulh d'Ibel (près de Kédougou) fait partie
des victime de l'exode rural
En effet, les écoles rurales
sont nombreuses (6500 sur
le territoire dont 5000 en zones rurales) mais si
les collèges sont également courants (moins
de 600 dont 250 en zones rurales), les lycées
eux sont plus rares (164
dont seulement 13 en zones rurales). Les classes
post-bac ne sont qu'urbaines : deux universités, Saint-Louis
et Dakar, et quelques classes
post-bac privées de plus ou moins bonne qualité
dans une dizaine de villes. L'effort de l'état
dans ce domaine est cependant important : entre 1998
et 2004, 30 lycées et 163 collèges ont
été construits au Sénégal
!
Malgré cet exode des jeunes, il est néanmoins
très rare de voir des villages abandonnés ou vidés de
leur population. L'explosion démographique des villes
sénégalaises (4200hab/km2 à Dakar) n'a pas donc vidé
l'immense vivier humain des campagnes malgré
des régions très peu peuplées (moins
de 10hab/km2 au Sénégal
oriental). Aujourd'hui, la région la plus touchée
par l'exode rural est très sûrement la Casamance
dont les villageois ont quitté la campagne pour fuir
les exactions
des militaires sénégalais et des indépendantistes.
Aujourd'hui près de 25% des Sénégalais
habitent dans Dakar et sa banlieue. L'agglomération
voit sa population augmenter chaque année de
125.000 habitants et une partie non négligeable
de ce solde démographique vient de l'exode rural.
Alors que la densité démographique du
Sénégal est de 53 hab/km², Dakar
compte près de 4200 habitants au km² !
Heureusement, cet exode rural est peut-être en
train d'être inversé. La densité et le
faible coût des transports
en commun favorise les campagnes car l'habitant
du petit village reculé peut très bien se rendre en
ville pour quelques achats ou voir la famille sans pour
autant devoir y résider plusieurs jours. L'état
des routes tend à s'améliorer et les travaux
de la nouvelle autoroute dont le premier tronçon
est déjà presque achevé (mai 2007)
va profiter à la campagne plus qu'à Dakar.
En outre, l'avènement du téléphone
portable a permis aux villages de ne plus être
isolés, surtout en cas de problème sanitaire.
Alors qu'il pouvait falloir des heures il y a dix ans
pour joindre une localité munie d'un téléphone
et appeler une ambulance ou un taxi, c'est l'affaire
aujourd'hui de quelques secondes.
Malgré tout, un certain nombre de «campagnards»
ont dû s'installer en ville ces dernières années.
Beaucoup ont commencé à fuir au cours des grandes
sécheresses des années 80. Mais durant les premiers
jours de l'hivernage, ils retournent dans leur grande
majorité aider la famille dans les champs. Chaque sinistre
agricole voit cependant partir des milliers de ruraux
vers la ville : les criquets pélerins en 2004,
les pluies de janvier 2002, la sécheresse 2003,
etc.... sont autant de crises qui décident les
paysans à partir.
Voir la
page sur l'architecture traditionnelle au Sénégal.
Voir
les chiffres de l'éducation au Sénégal
(2005) : nombre d'établissements, d'élèves
et d'enseignants par ville (format PDF)
Voir les
cartes IRD sur les taux de croissance en zone rurale
par département à deux périodes différentes : 1960-1988
et 1976-1988
(format PDF)
| Vos contributions et commentaires sur le
contenu de cette page |
|
bonjour. je suis française mariée avec 2 enfants. j'ai un correspondant senegalais sur le net que je n'ai jamais vu. il dit qu'il m'aime et me demande de quitter mon mari il va m'épouser. que me conseillez vous . ma question s'adresse aux senegalaises et senegalais |
Dans chaque pays, qu'il soit pauvre ou riche il y'a toujours des problémes.Les solutions de ceux-ci c'est les moyens que se donnent les politiques pour les resoudrent.Soyez plus respectueux dans vos propos on peut ne pas être d'accord dans la facon de voir de l'autre sans pour autant l'insulter.Exprimez vous car on n'est en démocratie et on a besoin de l'avis de tous mais pour que la discution soit plus sérieuse évitez les insultes qui n'apportent rien d'autre que de la rancoeur et la haine. |
Bon, c'est vrai, les qualificatifs à l'encontre de Ségolène employés sur le site sont un peu "forts" ... En revanche, force est de constater que le voyage à Dakar d'une candidate qui y était née sans jamais y avoir remis les pieds pendant 50 ans a été l'occasion d'une énorme rigolade. La voir marcher main dans la main avec une fatouh, prendre des poses et mimiques pour tenter de faire croire qu'elle était "concernée" par les problèmes de la femme africaine, dans le pays d'Afrique où précisément la place des femmes est la plus enviable (même s'il reste des progrès à faire), c'était insupportable de cynisme et de racolage pour nous. J'observe que ses dernières vacances ont été passées en Tunisie chez Ben Ali et en Corse, pas en Casamance ou à Saint Louis, où l'argent dépensé eut sans doute été plus conforme avec sa "revendication" affichée de solidarité active avec l'Afrique. Ce dont le Sénégal a besoin, ce n'est pas de misérabilisme larmoyant ou de position victimaire, c'est d'une relation étroite avec la France dans le cadre d'un contrat de progrès avec des contingents de visa de travail, comme le fait l'Espagne depuis plus d'un an. |
très bon article.on peut déceler à certains endroits que celui qui écrit larticle prend position contre telle ou telle pratique, mais c'est très agréable de lire cette page.je la recommande.
PS: pas de polémiques, lire avec un esprit ouvert et tolérant ^^. |
Enfin un endroit qui fait réagir les gens où ya encore de la place pour parler parceque les deux autres que j'ai vu c blindé(je m'y suis fendu la gueule à mort! D'ailleur si vous voulez rire et si vous avez le sens de l'humour lisez "les con(ne)s" et "venir en Europe" c'est mortel! Merci à l'auteur qu'est un véritable artiste, un qu'on aime ou qu'on deteste mais qui au moins fait réagir)! A ceux qui veulent dire des généralités que tout le monde sais comme le "racisme c'est pas bien" ou même dire du mal de ceux qui disent ce qu'ils ont a dire, taisez vous ou au moins mettez moins de ligne, ca évitera aux autres de perdre leur temps! Lisez tous le site et vous verrez que c'est la pol(ém/it)ique du site de dire ce qui est vrai. Merci, en tout cas, aux créateurs du sites, pour toute ces informations précieuses sur le Sénégal. Un pays qui a ces bons comme ces mauvais cotés comme tout pays et vous en parlez franchement en laissant les gens réagir dessus (même ceux qui disent du mal de vos idées). J'ai l'impression de déjà connaitre l'univers et l'esprit du Sénégal sans même y être allé! Merci infiniment! |
J'aime l'AFRIQUE. Mais le Senegal me déçoie vraiment.Je trouve honteux, d'avoir réelu un president aussi nul que le votre.Penser aux problemes délinquences, au lieu de se preoccuper de toute cette misere.Je m'adresse a toutes les prostituées, qui en ayant aucun moyen de contraception, tombe enceinte et transmette le SIDA aux enfants, quelle honte.Je trouve cela scandaleux. Pensez aux enfants qui sont les seules victimes, de vos saletés, de votre egoisme, et reflechissez avant d'agir.
(ps:j'ai 16 ans et je fait preuve de plus de jugeotte que vous.) |
Ce n'est qu'un con de misogyne qui déteste les femmes blanches, quoi qu'elles fassent ou pensent! Lisez son article sur l'IVG, d'après lui, nous françaises, avortons "à tour de bras".C'st peut-être mieux que l'infanticide ! |
OUI Mille bravi....
J'aimerais savoir qui est la personne vulgaire làche et complètement débile pour caricaturer et insulter ainsi la candidate socialiste française......Pas besoin de rappeler à cette "personne" que c quand meme Mme Royal, dont on peut penser ce qu'on veut , qui a proposé d'encadrer les délinquants par l'armée !!!! comme aux Etats Unis dont là bas pas trace de socialisme depuis très longtemps.....A mon avis,pour etre aussi caricatural, vulgaire et de mauvaise foi, le rédacteur de l'article doit etre un français ou un africain ( peut etre même les deux à la fois) lui même caricatural ....style gros beauf de Droite....Lisez donc jeune afrique ou dans un récent sondage fait auprès des populations françaises de souche africaine, la "salope au balai dans le cul" était donné a quelques 53% au premier tour......Doit on penser que nos compatriotes africains sont tous des cons, du côté des voyous?????
Il est dommage de lire, sur un site par ailleurs sympathique de tels propos làches, insultants et grossiers.......
W |
je trouve votre expression "une salope avec un balais dans le cul..etc...." choquante, vulgaire et injustifiée. Vos opinions politiques ne regardent pas les lecteurs de ce site. Je me demande si pour dire des trucs pareils vous ne seriez pas "un connard avec un pois chiche dans la tête..." (et c'est encore gentil comme expression) |
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