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ECONOMIE

o L'INDUSTRIE

La cimenterie de RufisqueLe Sénégal est l'un des pays les plus industrialisés d'Afrique. De nombreuses multinationales prestigieuses y sont implantées et on y fabrique de tout ! Valdafrique fabrique les fameuses pastilles Valda, Colgate-Palmolive produit plusieurs marques de dentifrice, de savon et de lessive. Toutes les grandes marques automobiles y ont un ou plusieurs concessionnaires. Hollywood y a une usine de chewing-gums. Nestlé y fabrique son café, son chocolat ou son lait concentré. Rhône-Poulenc y produit de nombreux médicaments.

Photo à droite: la cimenterie SOCOCIM Lafarge de Rufisque (photo C. Montaillié)

The Coca-Cola Company emploie plusieurs centaines de personnes pour ses boissons (via l'usine de la SOBOA) : Coca Cola, Fanta, Sprite, Schweppes, etc... sont exportés dans plusieurs pays d'Afrique. Certaines marques de cigarettes sont fabriquées sur place : Marlboro, Craven A, Peter Stuyvesan, .... et des marques sénégalaises telles que Excellence ont beaucoup de succès. Les phosphates de Thiès font du Sénégal un des premiers exportateurs de cette matière première malgré les difficultés financières des ICS. Les bouillons-cubes de Maggi sont achetés par toutes les ménagères et sont un ingrédient essentiel. Total, Shell et Mobil se partagent les innombrables stations services flambantes-neuves du pays. D'autres multinationales toutes aussi connues permettent aux Sénégalais d'avoir des produits de qualité à un prix bien inférieur aux produits importés. Des sociétés nationales et privées montrent à quel point l'investissement a été important ces dernières années : Piles, matelas, batteries, cahiers, stylos, allumettes, agro-alimentaire (yaourts, biscuits, conserves etc...), meubles, huile, produits d'entretien (lessives, cire, acides, ...), plasturgie (sacs, jouets, récipients...), textile (récolte et filage de fibres telles que le coton, usines textiles, prêt à porter, rideaux ...), vitreries, imprimeries, raffineries, métallurgie, cimenteries, industrie sucrière (à Richard Toll près des cultures de canne à sucre), produits pharmaceutiques (deux usines en plus de Rhône Poulenc permettent aux Sénégalais d'avoir des médicament de haute qualité à un prix dérisoire), les Grands moulins de Dakar qui font des farines de blé (importé évidemment) et de maïs et les industries du bâtiment et de travaux publiques qui font depuis plusieurs années un énorme travail de construction.

C'est dans la presqu'île du Cap Vert que sont implantées la plupart de ces entreprises : 86% des industries y sont concentrées. Néanmoins, quelques exemples de délocalisations réussies sont encourageants : usine de pile à Thiès, usines de traitement du coton à Vélingara ou Kédougou, raffineries d'huile à Kaolack ou Ziguinchor, usine de traitement du sucre à Richard Toll, etc...

Voir aussi la page sur la publicité et le marketing au Sénégal
 Voir aussi les pages l'agriculture

Voir le site du Club des Investisseurs Français au Sénégal (CIFAS)

o LE TOURISME

Le tourisme de masse a véritablement débuté avec l'installation du Club Med au Cap Skirring. Il s'agissait auparavant de quelques curieux découvrant une Afrique nouvellement indépendante. Depuis, le Sénégal est entré dans le peloton de tête des pays africains recevant des touristes après l'Egypte, le Maroc et le Kénya. Le nombre d'hôtels et de groupes hôteliers internationaux a explosé en vingt ans. Mais un tourisme parallèle a montré un essor non moins important. Un tourisme s'adressant principalement à des jeunes en quête d'authenticité, mais aussi de sport, de tranquillité et de culture. Les fameux Campements Ruraux Intégrés en Casamance ou les campements touristiques, qui sont de véritables gîtes, s'adressent à eux.

Des «villages» entiers se sont créés autour du tourisme. C'est le cas de Cap Skirring, de Nianing ou de Saly.
La plaque tournante et le centre économique qu'est Dakar apporte aussi une grande quantité de touristes d'affaire occidentaux et africains. En outre, de nombreux Français vivent au Sénégal et on voit chaque été arriver des membres leur famille. Enfin, les Sénégalais expatriés ou étudiant à l'étranger, si leurs revenus le permettent, retournent en vacances au pays aussi souvent que possible.

Aujourd'hui le tourisme constitue la deuxième ressource du pays après la pêche avec 112 milliards de CFA de recettes en 2003 et 98 milliards de CFA en 2002. Cependant, depuis 2001, le nombre de touristes ne cesse de baisser ou de stagner. La situation globale du secteur est devenue en effet alarmante : un grand nombre d'hôtels ou auberges sont en vente et plusieurs ont arrêté leur exploitation en attendant une éventuelle embellie. L'ensemble de la fréquentation hôtelière a chuté de manière vertigineuse du fait de l'incompétence notoirement connue d'un ministre du tourisme attristant.

Chaque décision prise ces trois dernières années a été un nouveau coup porté au secteur. Le Sénégal n'est plus le pays que l'on recommandait jadis. Prix des billets d'avion plombé par des taxes iniques (plus de 160€ de taxes, un record mondial), heures de route interminables pour sortir de Dakar, insécurité urbaine en hausse constante, insécurité économique ravageuse, décisions arbitraires et inopinées d'un ministère aveugle, promotion du tourisme effectuée par des trous du cul sortis d'on ne sait où : le résultat est éloquent. La perte d'emploi touristique au Sénégal entre 2001 et 2007 serait de plus de 40%... Des villes touristiques comme Foundiougne dans le Saloum végètent désormais en raison de routes qui semblent avoir subi des bombardements massifs et Saint-Louis, classée patrimoine mondial de l'Humanité vit dans le marasme touristique.

Aujourd'hui, un grand nombre de touristes préfèrent s'orienter vers des destinations comme le Bénin : les billets d'avion y sont moins chers, le pays est plus propre, les plages plus belles, les hôtels moins chers, la gastronomie plus riche et le patrimoine historique, culturel et architectural plus intéressant... Les potentialités du Sénégal demeurent cependant importantes et un plan de redressement du tourisme mené par des personnes compétentes peut redoper ce secteur primordial pour l'économie sénégalaise.

  Voir la page sur les potentialités touristiques au Sénégal, classées par région et par ville.
  Voir l'article sur le tourisme dans le bulletin n°19 de Senegalaisement.com.
  Voir la page sur le tourisme équitable au Sénégal.
  Voir notre article sur l'énergie solaire au Sénégal

& Hôtes et touristes au Sénégal : imaginaires et relations touristiques de l'exotisme

o LES RICHESSES NATURELLES

Le Sénégal est malheureusement plutôt pauvre dans ce domaine. La principale ressource vient des phosphates dont il est le dixième producteur mondial avec 1800000 tonnes/an (phosphate de calcium à Taïba et phosphate d'aluminium près de Thiès). L'essentiel de la production est racheté par un producteur indien de phosphate désirant contrôler le cours des marchés. Les difficultés financières des Industries Chimiques Sénégalaises (les ICS) exploitant cette ressource mettent en péril tout le secteur.

Chercheuses d'or de la FaléméLes prospections ont montré la présence d'or au Sénégal oriental mais pour le moment pas grand-chose n'est exploité. Seuls quelques orpailleurs cherchent le précieux métal jaune dans la rivière Falémé (photo à droite). Un peu de marbre (carrière d'Ibel, près de Kédougou produisant un beau marbre vert) et de fer apportent également quelques richesses. Un gisement de pétrole off-shore a été décelé au large de la frontière Sénégalo-bissau-guinéenne. Un jugement devant la commission de l'ONU en a attribué une grosse partie au Sénégal très récemment. Mais la qualité de ce pétrole étant mauvaise, les perspectives d'extraction sont pour le moments assez floues et aucun investisseur n'est sur le coup.

  Voir aussi la page sur les ressources minières du Sénégal
  Voir aussi les pages l'agriculture
  Voir notre article sur l'énergie solaire au Sénégal

o INFRASTRUCTURES

o Infrastructures routières

La route de Toubab Dialaw Dialaoo Les routes : Ce sont environ 3000 kilomètres de routes bitumées qui permettent des voyages rapides entre les différentes capitales régionales du pays. Cependant certaines sont dans un tel état de délabrement (ex: Fatick-Foundiougne), que les véhicules préfèrent rouler sur les pistes pour charrettes qui les longent ! La plus belle route est sans aucun doute le tronçon Tambacounda-Kedougou goudronné en 1994. Les quelques kilomètres d'autoroute qui relient Dakar à Rufisque sont très empruntés et en 2007 le premier tronçon de la future autoroute à péage reliant Dakar à Diamniadio sera inauguré.
C'est l'affaissement du sol sous le goudron durant la saison des pluies qui est à l'origine de la déterioration rapide de certaines routes. Les camions surchargés contribuent au massacre. Chaque année, fin novembre des ouvriers se contentent de reboucher les nids de poule avec un peu de goudron. Durant la saison des pluies ce sont les gamins des villages longeant la route qui, espérant quelques pièces des automobilistes reconnaissants, rebouchent les trous avec de la latérite.
Les travaux de voirie constituent au Sénégal des marchés très importants où les pots de vin sont nombreux. Cela hypothèque grandement le résultat final même si les entreprises sont compétentes. Les Chinois sont d'ailleurs rentrés récemment dans la bataille des marchés publics sénégalais (voir la vidéo).

Photo à droite : la route de Toubab Dialaw

 Voir également la carte IRD au format PDF des différentes voies de communication au Sénégal
 Voir la page sur les transports

La piste de Kédougou à Salématao Les pistes : C'est le réseau routier le plus dense et le passage obligé pour se rendre dans la plupart des zones rurales. Près de 20000 km de pistes permettent d'accéder au moindre hameau. Ne vous en faîtes pas une mauvaise idée avant de les avoir vues. En effet, elles sont le plus souvent en très bon état et leur épaisseur de latérite les rend plus solides et plus durables que les voies bitumées. C'est la route africaine par excellence qui pendant la saison sèche soulève à chaque passage de véhicule d'immenses nuages de poussière rouge-orangé. Elles ont petit à petit été recouvertes de goudron. Mais l'état sénégalais a très justement décidé de concentrer les travaux de bitumage sur les voies les plus fréquentées et celles présentant un intérêt économique majeur. Ailleurs, plus aucun goudronnage à la va-vite n'est entrepris et les autorités préfèrent entretenir les pistes pour des raisons budgétaires évidentes. Mieux vaut une bonne piste qu'une mauvaise route bitumée. La mort des pistes en Afrique n'est donc pas pour demain.

Photo ci-dessus à gauche : la piste de Kédougou à Samecouta dans un parfait état.

Les régions les moins peuplées sont celles qui pâtissent le plus d'un état déplorable des pistes. Le Sénégal oriental - et principalement la zone à l'est de Kédougou, la vallée du fleuve Sénégal et le Ferlo voient de nombreux véhicules rebrousser chemin pour cause d'ensablement, d'ornières abyssales ou de routes coupées par une inondation ou un pont écroulé.

 Voir également la carte IRD au format PDF des différentes voies de communication au Sénégal
 Voir la page sur les transports

Site du ministère de l'équipement et des transports :

o Infrastructures portuaires

Pirogue de pêche artisanale au Sénégalo Ports de pêche : Les ports de pêche traditionnels existent depuis de nombreuses années et, avec l'apparition du moteur, ils se sont considérablement développés. De Saint-Louis au Cap Skirring, une quinzaine de ports ayant une activité significative (accueillant plus de cinquante pirogues) rapportent chaque année des centaines de tonnes de poissons : St-Louis, Mboro, Kayar, Yoff, Ngor, Soumbédioune, Yarakh, Rufisque, Mbao, Mbour, Joal, Djiffer, Ndangane, Kafountine, Elinkine, Ziguinchor, et Cap Skirring. C'est dans ces ports que 80% des poissons du marché intérieur sénégalais sont débarqués.

Photo à droite : alignement de pirogue dans le quartier de pêcheurs de Saint-Louis

Ces ports ne sont en fait que des plages de sable : aucun port de pêche sénégalais n'est équipé d'infrastructures portuaires dignes de ce nom. Seule la présence parfois d'une station d'essence pour les pirogues ou d'une usine de conditionnement ou de congélation du poisson laisse deviner l'importance économique de la pêche. L'activité commerciale y est énorme : outre la vente du poisson, on y réalise également sa préparation (conditionnement à Yoff, séchage à Joal ou Saint-Louis, fumage à Mbour ....) et les petits commerçants ravitaillant les pêcheurs en nourriture ne manquent pas. Grossistes et restaurateurs viennent également y chercher le meilleur poisson frais au plus bas prix.

Voir aussi la page sur la pêche artisanale au Sénégal

o Ports de commerce : Il y en a quatre au Sénégal qui font de l'import-export de marchandises autres que le poisson et qui sont équipés pour l'accostage de chalutiers, de cargos ou de portes-containers : Saint-Louis, Dakar, Kaolack et Ziguinchor.
Dakar, exploité sous la tutelle du Port Autonome de Dakar, est le seul pouvant accueillir des portes-containers. Il sert particulièrement pour l'importation de riz, de bois tropical, de blé, de voitures et de marchandises diverses et pour l'exportation des phosphates et de l'arachide. Kaolack ne fait pratiquement que de l'exportation d'arachide. Ziguinchor exporte de l'arachide, des mangues et autres fruits tropicaux, des crevettes, de l'huile d'arachide, des noix de cajou. Le port de Ziguinchor a récemment été rénové pour l'accueil en toute sécurité des navires de passagers dont le Willis remplaçant de défunt Joola. Saint-Louis n'a aujourd'hui qu'un rôle anecdotique après les années fastes du début du siècle.

Site internet du port autonome de Dakar

o Ports de tourisme : Le Sénégal compte très peu de marinas accueillant des bateaux de plaisance. On peut néanmoins citer la Marina d'Hann. Les autres appartiennent le plus souvent à des hôtels pour leur usage personnel ou à des bases nautiques : c'est le cas du club nautique de Katakalousse (en Casamance) ou des petites marinas de Saly, des Almadies ou de Ngor. Aucune n'est équipée pour le ravitaillement ou la mise à quai des bateaux de plaisance.

Site internet du ministère de la pêche et des transports maritimes internationaux

o Infrastructures aéronautiques

Pour ceux qui voyagent exclusivement avec leur avion (...) ou plus simplement louent à Dakar un petit avion de tourisme avec pilote (ce n'est pas aussi cher qu'on pourrait le croire et à partir de trois personnes c'est même intéressant, d'autant plus que l'Afrique survolée à basse altitude est un spectacle féerique) de nombreux petits aéroports ou aérodromes sont disséminés dans le pays. Les aéroports internationaux permanents ou internationaux saisonniers sont Dakar-Yoff, St-Louis-Bango, Cap Skirring et Ziguinchor. Les aéroports nationaux sont Tambacounda, Kolda, Kédougou, Kaolack et Richard Toll. Vous trouverez également de nombreux aérodromes comme à Simenti, Saly, Matam, Bakel, Linguère ou Podor. Ils peuvent s'avérer très utiles en cas de rapatriement d'urgence.

Un nouvel aéroport devrait être construit à Ndiass (entre Dakar et Mbour) d'ici 2012. Plusieurs "premières pierres" ont déjà été posées mais il en faudra beaucoup plus pour que cet aéroport né du cerveau très imaginatif du président Wade voit le jour. Pour financer les dizaines de milliards que coûterait cet aéroport, une nouvelle taxe aérienne a même été créée en 2005 (la RDIA) augmentant ainsi tous les billets d'avion de 70€ !!! Et en 2007, rebelotte !!! En avril une augmentation de 10.000CFA (soit 15€) a été votée avec une prise d'effet entre juin et octobre... Il était déjà plus cher d'aller au Sénégal que d'aller en Thaïlande ou au Bénin, c'est désormais encore pire avec un aéroport de Dakar parmi les plus chers au monde...

 Voir également la carte IRD au format PDF des différentes voies de communication au Sénégal

o L'eau courante

L'eau du Sénégal n'est pas empoisonnée et vous n'attraperez pas de vilaines maladies en buvant l'eau du robinet. Tout au plus une bonne diarrhée qui de toute façon serait venue. Donc autant boire tout de suite et sans aucune appréhension l'eau du robinet (sauf pour les bébés à qui il vaut mieux donner de l'eau minérale ou stérilisée). De nombreuses villes sénégalaises sont équipées d'eau courante : toute la région de Dakar, Mbour, Joal-Fadiouth, Saint-Louis, Fatik, Kaolack, Touba, Kaffrine, Tambacounda, Kédougou, Sédhiou, Kolda, Ziguinchor, Oussouye, Cap Skirring, Bignona, Diouloulou, Matam, Podor, Richard-Toll, Bakel, Louga, Djourbel, Thiès, Tivaouane et bien d'autres distribuent une eau claire potable et d'assez bonne qualité (y compris bactérienne depuis la privatisation de la Sénégalaise des Eaux rachetée par le groupe français Bouygues).

Dans les zones rurales, les puits sont privés ou appartiennent à la communauté villageoise quand ils sont munis d'un château d'eau ou d'une motopompe. Beaucoup d'ONG construisent des puits dans les villages pour éviter aux femmes de faire plusieurs kilomètres pour trouver de l'eau. Dans certaines régions, l'eau étant rare et profonde, il faut creuser très profond et stabiliser le puit. De tels travaux coûtent hélas chers et seules des ONGs peuvent fournir l'argent nécessaire. La responsabilité de l'état est néanmoins mise à contribution. En effet, il est du ressort du Ministère de la Santé via ses brigades sanitaires, de traiter préventivement les puits contre les parasites et autres maladies présentes parfois dans l'eau des forages.

La SDE (filiale de Bouygues) est la compagnie qui gère la distribution et la vente de l'eau courante au Sénégal. La consommation nationale augmente chaque année en même temps que l'amélioration des conditions de vie et que le raccordement au réseau de nouvelles localités. En 2006, 130 millions de m3 d'eau ont été produits et distribués au Sénégal. La plus grosse partie de cette eau vient du Lac de Guiers situé à l'Est de Louga. Mais le Lac de Tamna ainsi que les eaux des fleuves Gambie, Casamance, Sénégal et Saloum sont également utilisées par la SDE. Enfin, un grand nombre de captations d'eaux souterraines complètent les besoins nationaux. La qualité globale de l'eau sénégalaise est bonne. Une grosse pollution aux nitrates est cependant à noter dans la captation des eaux souterraines de la presqu'île du Cap Vert (Dakar, Rufsque etc...) notamment en raison des activités agricoles de maraîchage et d'élevage. Le bassin arachidier et le Saloum autour de Kaolack et Diourbel ont quant à eux un trop fort taux de sodium en raison des remontée des eaux salées du delta du Saloum. En outre, à Kaolack, le taux de fluor est très supérieur à la moyenne rendant marron les dents des habitants de la région.

Le tarif de l'eau au Sénégal est divisé en trois tranches afin de permettre aux plus modestes d'avoir l'eau à un prix modique tout en décourageant les plus gros consommateurs. La tranche dite "sociale" va de 0 à 10m3 d'eau par mois et est fcaturée 191 CFA le m3 (0.29€). La tranche dite "pleine" de 10 à 20m3 par mois coûte 630CFA le m3 (0.96€) et enfin la tranche "dissuasive" (> 20m3 / mois) coûte 788CFA le m3 (1.2€). Pour info, le prix moyen de l'eau en France en 2006 est de 2.6€ le m3. Il est bon de noter enfin que la SDE offre un tarif préférentiel aux professions agricoles.

L'augmentation du prix de l'eau et la rénovation du réseau de canalisation vétuste a permis de doubler le chiffre d'affaire de l'entreprise passant de 27 milliards de CFA en 1996 à plus de 50 milliards en 2007. Dans le même temps, le nombre de foyer raccordé à lui aussi presque doublé. Alors que 250.000 foyers (seulement !) étaient raccordés au réseau d'eau courante en 1996, 450.000 le sont en 2007.

Voir aussi la page sur les statistiques de la santé au Sénégal : tous les chiffres
 Site internet de la Sénégalaise des Eaux (SDE) :

o L'électricité

Le réseau électrique au SénégalLa crise de l'énergie plombe le Sénégal depuis 2000 et l'année 2007 marque le paroxysme d'une longue descente aux enfers de la Sénélec et du secteur énergétique sénégalais. Certains termes, inconnus du vocabulaire en Europe sont employés quotidiennement par les abonnés au réseau électrique. Le plus connu est "délestage". Le pays entier connait des coupures de courant plus ou moins longues mais durant souvent plusieurs heures : ce sont des délestages. Aucune activité économique ne pouvant se développer dans cette "insécurité électrique" permanente, c'est l'amélioration des conditions de vie dans le pays qui est en jeu. Sans compter la dégradation des appareils électriques qui en plus des fréquentes surtensions doivent connaître des coupures quotidiennes (dur dur pour les frigos !).

Photos : Graphique à droite : le réseau électrique au Sénégal. Cliquez pour agrandir, ci-dessous à gauche la station électrique du Cap des Biches, au sud de Dakar.

Centrale électrique du Cap des Biches au SénégalLe problème de la Sénélec, compagnie détenue majoritairement par l'état sénégalais, vient d'une part d'un parc de centrales électriques insuffisant compte-tenu de l'explosion de la consommation sénégalaise (de plus en plus de climatisations, d'appareils électriques, de frigos, etc...) et d'autre part des dettes faramineuses que la compagnie a envers la SAR (société de raffinage qui vend à la Sénélec la plus grosse partie du carburant destiné à la production électrique). La Sénélec est ainsi sans arrêt au bord de la faillite et la SAR menace de couper ses approvisionnements en pétrole... Ce sont près de 90 milliards de CFA de pétrole qui sont achetés chaque année à la SAR (140 millions d'euros) alors que le chiffre d'affaire arrive difficilement à 130 milliards et doit servir à l'investissement, à l'entretien du réseau et aux salaires des 2300 salariés que compte la compagnie... Autant dire que la situation est critique et que les délestages ont encore de beaux jours devant eux...

Près de 600.000 foyers sont dotés d'un abonnement électrique. Cet abonnement est parfois partagé par plusieurs familles, notamment dans les quartiers les plus populaires et les zones rurales. La consommation nationale avoisine en 2006 les 2 millions de MWH. Le prix du KWH est de 80CFA (0.12€). C'est exactement le même prix qu'en France (chiffres 2007).

Le Sénégal tourne en 220v et les prises domestiques utilisées sont les mêmes qu'en France. Toutes les villes et grands villages sont électrifiés, et un nombre grandissant de villages a accès à une ligne électrique. Après une tentative de privatisation avortée en 1999 (le groupe HydroQuébec avait fait la folie d'investir dans la Sénélec) l'état sénégalais a renationalisé l'entreprise. Il est question depuis de retenter une privatisation notamment face aux difficultés de la société et aux investissements importants à réaliser pour dimensionner le réseau en rapport avec les besoins grandissants des clients.

Voir notre article sur l'énergie solaire au Sénégal
Site internet de la Sénélec

o COMMUNICATION / MEDIAS

Presse du Sénégalo Presse : Il existe de nombreux quotidiens au Sénégal ainsi que plusieurs hebdomadaires. La liberté de la presse n'est plus respectée depuis 2003. L'ensemble des organisations internationales a désormais mis le Sénégal dans la liste noire des républiques bananières. Le nombre de journalistes emprisonnés entre 2004 et 2007 bat tous les records. Plusieurs directeurs de journaux dont le plus célèbre, Madiambal Diagne du Quotidien, ont fait de longs séjours en prison pour lèse majesté... On se souvient également en 2006 de la fermeture de Sud Quotidien pour avoir diffusé une interview de Salif Sadio, indépendantiste casamançais. La "dépénalisation de délits de presse", transformant les procès pénaux en procès civil évitant ainsi des peines de prison aux journalistes est sans cesse repoussée et c'est une épée de Damoclès qui demeure sur la tête de la profession...

La qualité de la presse est hélas très moyenne en raison d'un manque de budget féroce qui pousse de nombreux journalistes à se contenter de relater les dépêches d'agence ou de transcrire les informations en fonction des intérêts du "plus offrant" au détriment d'une réelle investigation.

Parmi les quotidiens, on peut citer Walfadjiri (l'Aurore), qui ne fait aucun cadeau au gouvernement et se veut plutôt moderne. Les articles sont en outre d'assez bonne qualité même si hélas certains correspondants régionaux (comme Mané en Casamance) écrivent les articles en fonction des enveloppes qui leur sont confiées. Le Soleil, premier quotidien national est devenu au lendemain de l'élection présidentielle de mars 2000 le plus vendu et le plus complet. Il est hélas souvent peu objectif, les journalistes se contentant d'aller dans le sens du poil du gouvernement. Le retournement de veste au lendemain de la victoire d'Abdoulaye WADE a été assez risible pour ce journal qui a été le porte-voix de l'ex-président DIOUF. Sud Quotidien fait également partie du trio de tête des quotidiens sénégalais. Il est plutôt du côté de l'opposition sénégalaise même depuis la victoire d'Abdoulaye WADE. D'autres quotidiens aux ventes beaucoup plus marginales subsistent tant bien que mal : le Quotidien, le Matin, Il est Midi, le Témoin, etc...

Enfin la presse "à scandales" connait un véritable boom au Sénégal. Rac Tac, Teuss, Tolof ou Check Down sont autant de journaux-poubelles qui grâce aux histoire graveleuses et détails sordides attirent un public toujours plus large (chacun de ces titres tire à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires...). Avec des titres aussi éloquents que "un accroc du sexe surpris par son épouse en train de répandre son sperme sur le visage de sa fille adoptive", ou "il a violé le cadavre de sa belle-mère", il est clair que ça ne vole pas haut. Mais les Sénégalais adorent... Si bien que la presse classique qui s'indigne de ces journaux à scandales verse elle aussi dans les détails sordide pour augmenter les ventes. Pas un jour ne passe désormais sans qu'un viol d'enfant ne soit décrit dans le Quotidien ou Walfadjiri avec force de détails passionnants du genre : "l'entrejambe de la petite était plein d'un liquide gluant"....Bref, c'est toute la presse sénégalaise qui est en train de toucher le fond de l'abjection entraînée par les journaux racoleurs. Fin mai 2007, la plupart des directeurs de publications de ces titres ont été emprisonnés et mis en examen pour "atteinte aux bonnes moeurs". Même si on peut regretter cette nouvelle atteinte à la liberté de la presse, on ne peut que se réjouir de la prise de conscience des autorités face au fléau que constituent ces journaux.

Pour les hebdomadaires on peut citer le Cafard Libéré (qui se veut satirique mais n'est qu'un mauvais plagiat du Canard Enchaîné) ou le Nouvel Horizon, hebdomadaire d'information politique et économique de bonne qualité.

Des journaux internationaux imprimés en France tels que Jeune Afrique ou Amina et Diva (magazines féminins) sont aussi très vendus. Enfin, les programmes télévisés hebdomadaires recensant toutes les chaînes disponibles au Sénégal (Canal+, TV5, CFI, MCM, MTV, CNN, RTS, 2M, etc...), ainsi que les journaux de turfistes (pour les joueurs de PMU), sont dans la plupart des kiosques. La presse gratuite a également percé au Sénégal. C'est la cas du journal d'annonces Tam-Tam.

 Venez lire ces journaux au jour le jour sur la page Infos/Médias de Senegalaisement.com

o Radio : Plusieurs radios de partagent les ondes au Sénégal. La quasi totalité du territoire reçoit les programmes de radios FM ou Grandes Ondes. Dakar est bien-sûr la mieux lotie. En FM, on peut citer Nostalgie Dakar (filiale du groupe français) qui diffuse de la variété internationale mais aussi de la musique africaine jeune. Les plus populaires sont également SUD FM, (filiale du journal SUD Quotidien), d'assez bonne qualité, Radio DUNYIA, qui se contente pour un grosse part de son programme de retransmettre les prières et chants religieux mourides, Walfadjiri (filiale du journal Walfadjiri), Africa N°1, radio panafricaine émettant en FM à Paris et depuis Paris et Libreville qui permet d'être en permanence au courant de l'actualité africaine et des musiques noires, RFI (Radio France International), radio d'information du service public français, RFM, etc...

o Télévision : Il n'existe qu'une chaîne nationale au Sénégal, la RTS. De piètre qualité elle ne fait l'écho que des opinions du régime. Suivi du déplacement du "chef de l'état", discours du "chef de l'état" à Tivaouane, conférence de presse du "chef de l'état" à New York. Il n'y a que quand le "chef de l'état" fait caca qu'il ne passe pas à la télévision. Le journal télévisé de la RTS devient donc très vite lassant. Quelques bons films passent néanmoins de temps en temps mais en règle générale c'est assez minable. En dehors de la chaîne nationale RTS, deux autres chaînes hertziennes diffusant presque exclusivement des clips musicaux émettent au Sénégal. Ces chaînes sont disponibles sur la majeure partie du territoire national.

Heureusement pour les habitants les plus fortunés du Sénégal, Canal Satellite Horizons permet de recevoir toutes les chaînes habituelles du satellite (chaînes françaises, chaînes cinéma, chaînes de sport ... et bien évidemment les films de cul qui attirent bon nombre de clients y compris au Sénégal...). Le prix des abonnements et des équipements à Canal Satellite a considérablement diminué et une large classe moyenne y a accès aujourd'hui.

Si vous êtes en dehors du Sénégal, vous pourrez suivre par satellite les programmes de la chaîne nationale RTS (la couverture de Intelsat 801 est hémisphérique, on peut donc recevoir la RTS sur tout le continent africain et dans une bonne partie de l’Europe et de l’Asie) :

Un téléspectateur se trouvant dans la zone de couverture d’ Intelsat 801, disposant d’une antenne parabolique d’au moins 3.5 mètres de diamètre, munie d’un récepteur satellite numérique, pourra recevoir les programmes de la Télévision Sénégalaise ; il lui suffit de pointer sa parabole sur le satellite Intelsat 801 qui est à 328.5° Est, et de programmer les informations techniques (voir réglage récepteur). Par exemple une personne résidant au Gabon (longitude 9.76 E, latitude 0.79 N) doit orienter sa parabole avec les coordonnées suivantes : Angle d’azimut : 269.13° - Angle d’élévation : 42.34°.
NB : La vidéo et l’audio étant codés en MPEG-2, il faut un récepteur adéquat (capable de décoder ces signaux numériques).
STATION : DKR- 03F2 SATELLITE:IS- 801 (328.5) degEST (Intelsat 801) LNB freq low 5150 MHZ (universa)
Transponder 03718 MHZ
Symbol Rate 04881 Ksps Polarisation RIGHT
Vidéo PID 00033 Audio PID 0034 Per PID 08190
Un récepteur satellite audio peut vous permettre de recevoir les signaux de la Chaîne Internationale et de la Chaîne Nationale sur les fréquences suivantes :
Fréquence de la chaîne nationale : 3721.4250 MHZ, fréquence de la chaîne internationale : 3721.8175 MHZ

Site web de la RTS et site de Canal Satellite Horizons

o Téléphone : La téléphonie fixe au Sénégal est très peu répandue et s'est largement faite distancer ces dernières années par la téléphonie mobile. Toutes les villes et grands villages du Sénégal sont néanmoins connectés au réseau Orange de la Sonatel, filiale de France Télécom, qui détient le monopole des lignes fixes. Le réseau est d'assez bonne qualité et offre toutes les possibilités techniques des pays riches (transpac, numéris, etc....). Grâce aux nouvelles technologies, des petits villages n'ayant pas encore le courant peuvent accéder au téléphone. Ce sont les clients professionnels (entreprises, télécentres, administrations, etc...) qui ont longtemps constitué le gros de la clientèle fixe. L'avènement de la technologie internet haut-débit ADSL au Sénégal a néanmoins redonné un regain d'intérêt à la téléphonie fixe puisque pour bénéficier de l'ADSL il faut nécessairement une ligne fixe.

Le code international du Sénégal est le 221, ce qui signifie que pour appeler un correspondant il vous faut faire de l'étranger le 00221+XXX XX XX XX. A savoir : les numéros de téléphone au Sénégal ont 9 chiffres (depuis le 7 octobre 2007), ceux commençant par 76 et 77 sont des portables, ceux commençant par 338 sont dans la presqu'île du Cap-Vert (Dakar, Rufisque, Ngor, Ouakam, banlieue, etc..). Les numéros des provinces du Sénégal commencent quant à eux par 339.

 Voir aussi la page sur les moyens et tarifs pour téléphoner au Sénégal pas cher !
 Voir aussi la page sur la nouvelle numérotation en vigueur au Sénégal depuis le 7 octobre 2007

Site internet de Orange

A NOTER : La numérotation à 7 chiffres est arrivée à saturation au Sénégal. Le 7 octobre 2007 a vu arriver la numérotation à 9 chiffres ! A vos agendas pour corriger vos numéros !
VOIR LA PAGE SPECIALE EXPLICATIVE

o Téléphonie mobile : Deux opérateurs concurrents proposent abonnements et cartes sans abonnement pour les téléphones cellulaires (un troisième opérateur doit s'implanter en 2008). Le premier est Orange (filiale de France Télécom). Le second est Tigo (marque Sentel). C'est Orange qui rassemble le plus de clients au Sénégal. Le prix des puces (cartes SIM) a considérablement baissé : 5000CFA (avec 5000CFA de crédit) pour la puce Orange et 2000CFA (avec 1000CFA de crédit) pour Tigo. La couverture est sensiblement équivalente pour les deux opérateurs et 85% de la population vit dans une zone couverte par l'un ou l'autre des réseaux. Le nombre d'utilisateurs de la téléphonie mobile est très largement supérieur à celui de la téléphonie fixe et la plupart des familles, y compris les plus modestes, disposent aujourd'hui d'un téléphone GSM.

Photo ci-dessous à gauche : télécentres et boutiques de téléphonie mobile à Mbour (photo C. Montaillié)

Boutiques de téléphonie mobile au SénégalLes accords de roaming permettent aux clients sénégalais de se connecter aux différents réseaux nationaux durant leurs voyages et vice-versa. Les nouvelles technologies relatives aux téléphones mobiles ont fait leur apparition au Sénégal : GPRS, MMS, connexion internet mobile, etc... Les services commerciaux qui vont avec aussi... SMS surtaxés pour une dédicace à la télévision, téléchargements de sonneries, etc... bref tout ce qu'il faut pour piéger et ruiner un maximum des utilisateurs qui souvent sont modestes.

 Voir aussi la page sur la nouvelle numérotation en vigueur au Sénégal depuis le 7 octobre 2007
Site internet de Orange et site internet de Tigo

Couverture GSM au Sénégal
Couvertures Orange et Tigo au 1er juin 2007
(cliquez les cartes pour les agrandir)

o Internet : L'internet a considérablement progressé au Sénégal et le pays fait partie des mieux connectés en Afrique. En l'an 2000, une dizaine de providers se partageaient le marché depuis 1995, année qui a vu la naissance du Métissacana, premier cybercafé d'Afrique de l'Ouest. Ce dernier est d'ailleurs devenu un temps le principal fournisseur d'accès du pays. Aujourd'hui les plus faibles ont rendu l'âme et il ne reste plus que deux FAI grand public : Orange (anciennement Sentoo) filiale de France Télécom, et ARC informatique, un opérateur local indépendant. C'est cependant Orange qui rafle l'immense majorité des abonnements.

L'ADSL est arrivé au Sénégal en mars 2003 et depuis s'est répandu très vite sur l'ensemble du territoire. La plupart des villes sont aujourd'hui couvertes par l'internet haut-débit : outre la capitale, l'internet haut-débit est disponible à Saint-Louis, Louga, Ziguinchor, Saly, Cap Skirring, Mbour, Thiès, etc... Les offres commencent à 512ko pour aller jusqu'à 2Mo et les prix proposés pour les abonnements sont parmi les plus bas d'Afrique et sont en baisse constante. En outre de nouvelles offres, uniques sur le continent comme la télévision par ADSL, sont proposées depuis 2007. La qualité de connexion est en outre très bonne grâce à des liaisons en fibres optiques redimensionnées chaque année et qui offrent un ping vers le France meilleur que celui qui sépare l'Europe des Etats-Unis.
Le nombre de foyers équipés reste cependant marginal mais les cybercafés étant nombreux, chaque Sénégalais peut avoir un accès au net à moins d'un euro de l'heure...
En dehors des zones ADSL, les connexions RTC classiques restent disponibles pour un prix relativement raisonnable puisqu'une connexion RTC illimité (en 56k théorique) coûte environ 10.000CFA par mois (15€).

o LE MARCHE DU TRAVAIL

Blanchisserie au noir....o Le secteur informel : C'est une des données économiques fondamentales en Afrique puisque ce marché informel draîne la majeure partie de l'argent dans ces pays pauvres. On parle de marché informel lorsqu'on décrit un marché du travail fluide mais sans aucun contrôle étatique, statistique ou social. Les petits boulots, les femmes vendant quelques arachides, les pêcheurs de métier ou occasionnels constituent ce marché informel qui malgrè tous ses défauts fait la vitalité et le dynamisme de l'Afrique. Plutôt que de combattre de front le marché informel, l'état a pris le parti d'encourager progressivement les entreprises à rentrer dans le droit chemin du travail déclaré. Car tout travailleur de l'informel rêve de décrocher un jour un véritable contrat lui offrant la sécurité de la protection sociale et de la retraite. Les petits métiers indépendants et les artisans eux aussi commencent à se plier aux règles du droit des entreprises en se déclarant auprès des chambres de commerce.

Photo à droite : une blanchisserie à Dakar, le type même de travail "au noir".

Un certain nombre de secteurs d'activité soumis aux lois et règlementations échappent relativement au travail informal. C'est le cas de la santé, de l'assurance ou de l'enseignement.

& Sénégal : le secteur informel de Dakar de Peter Van Dijk Meine
& Développer le secteur non structuré à Dakar de Peter VAN DIJK MEINE
& Les opérateurs économiques au Sénégal (1930-1996) de Laurence Marfaing

Apprenti tailleur à Dakaro Les salariés : Etre salarié est le rêve de bien des Sénégalais. La sécurité, la modernité et la durée d'un tel statut sont recherchés par ces centaines de milliers de chômeurs et de travailleurs précaires qui au jour le jour tentent de gagner quelques CFA. Le salariat véritable bénéficie au Sénégal des mêmes avantages qu'en Europe : couverture maladie, allocations familiales, assurance chômage, retraite, droit syndical, etc... Les industries, l'administration, un certain nombre d'entreprises du tertiaire et les multinationales sont hélas les seules à proposer ce type de travail fixe à leurs employés. L'immense majorité des travailleurs sénégalais, même s'ils sont employés, travaillent de manière non déclarée hypothéquant ainsi leurs vieux jours. Le réflexe de déclaration est loin d'être entré dans les mœurs même s'il tend à se développer. C'est particulièrement le cas pour les centaines de milliers d'employés de maison, de jardiniers, de couturiers, de maçons, de soudeurs, de plombiers, de boutiquiers, de mécaniciens, de chauffeurs, d'apprentis, de manutentionnaires qui sont la force vive du pays mais ne bénéficient pas d'un contrat leur permettant de faire valoir leurs droits. Un conseil des Prudhommes existe au Sénégal pour régler les litiges entre employeurs et employés contractuels.

Photo à gauche : un jeune apprenti tailleur. Son apprentissage peut durer plusieurs années durant lesquelles il travaillera à l'oeil pour le patron.

Les salariés sont donc de rares privilégiés. Leur situation stable leur permet, même si le salaire est faible, d'obtenir des prêts bancaires et ainsi de faire construire une maison, d'acheter un véhicule ou d'investir dans une affaire. En outre, la plupart des pays occidentaux exigeant des fiches de salaire pour l'obtention d'un visa, on comprend que les travailleurs du secteur informel aient d'énormes difficultés à se rendre à l'étranger. La tendance au salariat déclaré est néanmoins à la hausse et chaque année une petite partie du secteur informel passe au salariat. L'émergeance de grosses sociétés de service et notamment les call centers contribue à normaliser le droit du travail.

Vidéo-reportage sur les centres d'appel (call centers) à Dakar
 Voir aussi la page sur la réglementation et la rémunération du travail au Sénégal
 Voir aussi le code du travail sénégalais

Site internet de la caisse nationale de sécurité sociale :
Site internet du ministère du travail :
Site de l'IPRES (Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal) :

& Ajustement structurel et emploi au Sénégal de B. Fall
& Sénégal syndical et participation responsable de M. Lo
& L'état et la question syndicale au Sénégal M. Fall

o LES BANQUES

Voir la page sur le secteur bancaire et les banques au Sénégal
Les banques et le secteur bancaire au Sénégal

 Voir la page sur le franc CFA, monnaie du Sénégal
 Voir aussi l'article sur la floraison de mutuelles bancaires au Sénégal pour les exclus des banques

o LES ASSURANCES

Bureau d'assurance Axa à SalyLes Sénégalais et les entreprises sont globalement sous-assurés au Sénégal. C'est évidemment un énorme problème puisque les sinistres, quels qu'ils soient ne sont pas couverts. S'ensuivent souvent des drames familiaux dus aux décès, aux dettes, aux accidents etc... C'est un des défis nationaux que de faire adopter les assurances par les Sénégalais. Déjà, au niveau scolaire, l'assurance est désormais obligatoire. Elle ne coûte que quelques CFA et est censée protéger les élèves des dégâts qu'ils pourraient causer à leurs camarades ou au mobilier publique. Une polémique sur la mauvaise gestion de cette assurance scolaire a contribué à discréditer l'image de l'assurance dans l'esprit des parents et plus généralement dans l'esprit du pays entier. L'assurance automobile est également obligatoire (au tiers). Ainsi toutes les voitures, y compris les clandos doivent payer chaque année leur cotisation à l'organisme d'assurance de leur choix.

Le système fonctionne tant bien que mal même si les délais de remboursement atteignent parfois plusieurs mois suite à des litiges entre les conducteurs. De même, les victimes d'accidents de la route ne se retournent que très rarement contre les assureurs, ignorants qu'ils sont de leurs droits.

Les gros efforts doivent maintenant se focaliser sur l'assurance habitation (moins d'1% des Sénégalais assurent leur habitation contre les dégâts et contre le vol), sur l'assurance aux entreprises, sur l'assurance-chômage privée, sur les retraites complémentaires, et sur le «tout-risque» automobile. L'état doit également veiller à assainir le marché des assurances en élimant les petits organismes pas assez solides et en permanence au bord de la faillite. De grands groupes tels qu'AXA, Gras Savoy, AGF (AGS) ou CGU sont représentés au Sénégal.

Voir la liste des assureurs au Sénégal (répertoire, adresses, téléphones, emails)

o L'Influence économique internationale

Le Sénégal est le géant économique de la sous-région au même titre que l'est la Côte d'Ivoiw ou le Nigéria dans leurs secteurs respectifs. La zone d'influence économique du Sénégal concerne tous les pays frontaliers : Gambie, Mauritanie, Mali, Guinée et Guinée-Bissau. Hommes, services et marchandises franchissent les frontières quotidiennement. Ces mouvements se font surtout au bénéfice des pays les plus modestes. En effet, nombreux sont les immigrants venus de l'extérieur pour trouver un travail à Dakar ou vendre des produits de leur terroir. Les Peulhs de Guinée ayant fui une Guinée dévastée par Sékou Touré et une haine ethnique à leur endroit ainsi que les Maures Mauritaniens, nomades de nature sont les plus nombreux. Ces derniers, émigrent la plupart du temps en célibataire et exercent la profession de petit boutiquier dans les zones urbaines et rurales. Les Peulhs de Guinée sont eux plus polyvalents même si on les retrouve souvent dans des fonctions de coiffeur, de taximan, de boutiquier ou de marchant ambulant. Les Maliens quant à eux sont la plupart du temps des marchands ambulants, des dockers ou des manutentionnaires. Dans les zones frontalières ainsi que dans les grandes gares routières du pays, il n'est également pas rare de voir des Maliens itinérants vendant des produits maliens peu chers : noix de kola, beurre de karité, etc... Les Gambiens immigrants sont principalement des petits commerçants. Les Bissau-guinéens n'immigrent pratiquement que chez leurs frères casamançais ou dans le Sine-Saloum. Nombreux sont les cueilleurs de palme et les riziculteurs. A l'occasion de travaux de voirie en Casamance, les promoteurs avait fait appel à de la main d'oeuvre bissau-guinéenne, bien meilleure marché que la sénégalaise. Les Sénégalais appréciant beaucoup moins l'immigration quand elle leur porte préjudice, l'arrivée des "immigrés" bissau-guinéens avait très clairement foutu la merde...

Le Sénégal est donc globalement un pays d'immigration. Néanmoins, nombreux sont les Sénégalais émigrant dans les pays frontaliers pour y monter un petit commerce ou rejoindre un membre de la famille. Le marché sénégalais de Bissau (Guinée-Bissau) ou Serrekunda (en Gambie) en témoignent. Plus rares sont ceux qui décident de partir en Guinée, au Mali ou en Mauritanie. Concernant les marchandises, les échanges frontaliers portent sur le bétail (venant du Mali), les produits cosmétiques et vêtements (venant de Gambie), les bijoux et les épices (venant de Mauritanie), les balais traditionnels et les alcools traditionnels venant de Guinée-Bissau, les tissus (venants du Mali et de Gambie) et les produits traditionnels (noix de kola, beurre de karité, peaux et accessoires magiques, cacao, etc...). Seulement 2 pays sur 3 (le Mali et plus récemment la Guinée-Bissau) font partie de la zone franc ce qui limite considérablement les échanges. Le Sénégal exporte peu malgrè l'absence de droits et taxes entre les pays membres de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest dont font partie de Sénégal, la Guinée-Bissau, le Mali et la Mauritanie). Cela est dû sans doute à l'extrême pauvreté des pays de la sous-région et au prix relativement élevé des denrées sénégalaises. Le pays est cependant une zone de transit pour les produits technologie importé d'Europe ou d'Asie. Le port de Dakar accueille ainsi une grande quantité de containers en franchise destinés à être acheminé au Mali en camion ou en train. La crise en Côte d'Ivoiw ayant considérablement ralenti l'activité d'Abdjan, Bamako se retrouve plus enclavée et dépendante du Sénégal que jamais.

 Voir également la carte IRD sur les frontières du Sénégal ses relations avec ses voisins
Cliquez ici pour consulter la règlementation douanière (guide douanier du voyageur au Sénégal)

o LA CONTREBANDE

La contrebande est un phénomène banal au Sénégal et plus généralement dans toute l'Afrique. La multiplicité des nombreuses frontières incontrôlées font que le transport illégal de marchandises de toutes tailles et de toutes valeurs s'effectue quotidiennement sans aucun problème.

la frontière sénégalo-gambienne et ses traficsAu Sénégal les marchandises de contrebande s'échangent principalement avec la Gambie qui a un régime fiscal privilégié. Il s'agit surtout de textile (rouleaux de tissu, vêtements, etc...) . Mais les taxes douanières perdues ne sont rien comparées aux millions perdus à cause de marchandises achetées par des diplomates de toutes nationalités exonérés de déclaration en douane et qui au lieu d'être utilisées sont immédiatement revendues pour en tirer profit. Certaines associations dites caritatives profitent également allègrement de ces avantages et privilèges. L'immense corruption des douaniers fait également perdre au pays de précieuses devises. On estime les marchandises taxées à 49% des produits importés.
Photo à gauche : la frontière sénégalo-gambienne et ses trafics

Si les diplomates et les entreprises fraudent sur des sommes énormes, la petite contrebande est également généralisée. Malheureusement la plupart des douaniers laissent passer contre un petit dédommagement (un arrangement...). Cela va de cigarettes de Guinée Conakry vendues dans la région frontalière de Kédougou au tonneau de rhum bissau-guinéen ramené à Ziguinchor pour la famille. Il est clair qu'un énorme effort doit être entrepris pour réguler toutes ces fraudes. Les villes frontalières telles que Kaolack (avec la Gambie), Kédougou (avec la Guinée), Ziguinchor (avec la Guinée-Bissau), Tambacounda (avec le Mali) sont des réservoirs de contrebandiers. Touba, la ville des Mourides, grâce à son statut particulier est également source de nombreux trafics.

Malgré tout, il est bon de rappeler que le Sénégal a l'un des meilleur taux de perception de taxes douanières en Afrique et que les sommes récoltées sont malgré tout énorme vue la quantité de marchandises importées légalement.

  Voir également l'article sur la contrebande gambienne à Kaolack dans le bulletin N°21


Vos contributions et commentaires sur le contenu de cette page
  • Message déposé le 06/03/2008 à 19:03 par lakajamata
    Bonjour à tous, Félicitation pour la tenue de ce site. Cette page sur l'économie du Sénégal est particulièrement bien fournie et rédigée. Cependant j'ai une remarque à faire: il n'est nullement fait mention du rôle, pourtant primordial, des Libanais ou des Sénégalais d'origine libanaise. Les négliger est, à mon avis, passer à côter des réalités sénégalaises: ils sont tout simplement incontournables. J'espère que vous tiendrez compte de cette remarque constructive. Bonne continuation.
  • Message déposé le 22/10/2007 à 16:10 par MARC
    Concerné par l'implantation d'un projet de complexe touristique important dans la région de ST.Louis,c'est avec intérêt que j'ai lu les critiques à l'encontre du Ministre du Tourisme et Maire de ST.Louis. En effet au tout début de mon projet (2002-03)j'ai contacté et rencontré le Ministre du Tourime dans son bureau à Dakar. Que de belles promesses... en 5 ans..mais oui je suis patient et tenace, je n'ai jamais pu obtenir l'agrément de ce projet par son ministère et même pire l'année dernière son directeur de cabinet c'est excusé d'avoir...perdu notre dossier de deamnde d'agrément !!! à ce jour.. rien! Pourtant nous avons eu en son temps l'agrément APIX .J'ai eu aussi l'occasion de le rencontrer à Paris au salon Mondial du tourisme ou le Sénégal a un tres beau stand..Une rencontre à peine courtoise et surtout tres condescendente à la limite du mépris ?? Et dire qu'en plus il est directemnt concerné ,Maire de ST.Louis !!?? C'est pourtant à termes plusieurs centaines d'emplois que celà concernés. Incroyable une telle incompétence ! Je constate aujourd'hui,par votre intermédiare chiffré que le tourisme à subit une perte d'affluence non négligeable pendant son 'régne' ! Bravo Monsieur O.M.N. Je crois savoir qu'avec le nouveau gouvernement,il n'est plus le Ministre du Tourisme,ouf !! Mais toujours Ministre (je vais vérifier,de quoi ?) attention un futur secteur en voie de ..perdition sous "l'impulsion" dynamique et efficace d'un tel Personnage ! Pour quels intérêts "roule" t-il ?.. C'est affligeant pour le Sénégal qui n'a vraiment pas besoin de tels hommes incompétents. M. Le Président,svp, il existe dans votre pays des Sénégalais de très haut niveau capable de 'bouster' ce secteur sans problème. j'aimerai bien avoir d'autres témoignages et avis pour être sur de ne pas avoir.. révé! merci .
  • Message déposé le 12/08/2007 à 19:08 par DOHERKO HERVE
    Nous mettons en de l'or de meilleur qualité.nous prions tout intereser de nous contactr sur :doherkosarl1@yahoo.fr.Notre prix est à la porté de toutes les bousses.
  • Message déposé le 29/07/2007 à 19:07 par Michel
    Une page tres interessante qui malheureusement est plutot objective. Dommage c'est un pays ou j'habite une partie de l'année et ou je m'y trouve bien. Il est urgent de faire evoluer le tourisme tres urgent...
  • Message déposé le 28/03/2007 à 22:03 par pispa
    bonjour felicitations pour la tenue du site c'est vraiment cool. au fait je voulais juste ajouter que le nombre des banques au Sénégal approche les 17 banques. on a noté entre 2004 et 2006 une entrée de 5 banques dans le paysage bancaire sénégalais. merci


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